LÈVES TOUJOURS PLUS HAUT TES YEUX VERS LA LUMIÈRE. :
même que celui qui est fait avec de mercure, excepté qu'on l'ôte absolument du doigt quand on ne veut pas être invisible.
[137] trois fois le parfum de Saturne, & l'on s'en servira. Ceux qui ont inventé cet anneau, ont raisonné sur le principe de l'antipathie, qui se trouve entre les matieres qui composent ces deux anneaux qui ont des effets si opposés; en effet, il n'y a rien de plus antipathique à la hyene que la belette. Et Saturne est presque toujours rétrograde à Mercure; ou quand ils se rencontrent dans le domicile de quelques-uns des signes du Zodiaque, c'est toujours un aspect funeste de mauvaise augure.
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[146]On donna depuis le nom de Zodiaque à tout cet espace ainsi distingué, qui est un mot dérivé du grec Zoon, qui signifie animal, à cause que ces animaux & ces figures tirées de divers sujets vivans, marquoient les assemblages d'étoiles qui composent ces signes adoptés.
Les plus curieux d'entre les savans des Grecs s'appliquerent à cette science [149] mystérieuse, & y réussirent avec tant de succès, que les plus beaux génies des autres nations venoient se former sous leur direction; ce qui est un grand préjugé, qu'il y a quelque chose de solide & de vraisemblable dans les opérations de cette science: d'autant plus, que la nature même semble l'autoriser par quelques productions merveilleuses que l'on ne peut pas nier, j'entends parler de ces figures hiéroglyfiques que l'on voit naturellement empreintes sur des pierres, sur des coquilles, sur des animaux, & qui ont des rapports tout-à-fait surprenans, avec les figures dont elles sont ornées. Crollius, qui n'est pas un auteur à mépriser, fait remarquer, que la plupart des plantes & des pierres métalliques un peu hors du commun, ont, ou en leur couleur, ou en leur figure, des marques, des propriétés & des usages auxquels elles peuvent être propres; le Créateur l'ayant ainsi disposé [150] pour les rendre utiles aux hommes par la sympathie qu'elles ont avec les corps célestes. Ce même auteur remarque que, si les Hébreux ne se sont pas servis dans leurs talismans des figures naturelles, ce n'étoit que parce qu'étant zélés observateurs de la loi qui défendoit toutes sortes d'images, ils ne vouloient pas y contrevenir, & d'autant plus que Moyse avoit trouvé dans les noms divins de Jeova, de Sabaoth, de Tategrematon [sic], d'Eloim, &c. des vertus merveilleuses, qui suppléoient au défaut des figures; & c'est pourquoi ils composoient leurs talismans de ces saints noms & des oracles tirés de la loi, & se persuadoient, par l'expérience qu'ils en faisoient, qu'ils avoient la vertu de les préserver des maux qu'ils appréhendoient, & de leur procurer les avantages qu'ils souhaitoient quand ils les portoient sur eux, gravés sur les métaux qui ont de la convenance avec les astres qui répandent leurs [151] influences sur les corps sublunaires.Ceux qui voudront approfondir dans cette science des talismans & figures mystérieuses, y feront beaucoup de progrès, s'ils s'appliquerent à la lecture des ouvrages de Jean Lheureux, chanoine d'Aire en Artois, imprimé à Anvers, par le soin, du sieur Chifflet, sous le titre de Disquisitio antiquaria de gemmis Basidianis, seu Abraxio Apistophistos. On trouvera ici le modele d'un talisman pour être fortuné au jeu & dans négoce; il a été composé par le fameux Arbatel, qui dit qu'on le doit faire en cette figure.
[152] Vous aurez une pique ronde de mercure fixé, bien purifié & bien poli, & vous choisirez durant toute la saison du printems un mercredi, auquel vous observerez la constellation de Mercure, en une situation favorable, [153] c'est-à-dire, en bon aspect avec Jupiter ou Vênus, ou en conjonction avec le Soleil ou la Lune; vous y imprimerez d'un côtê l'êtoile de Mercure, comme elle est ici reprêsentêe, & de l'autre, les mots hêbreux que vous voyez pareillement ici gravês: & après l'avoir parfumê trois fois du parfum propre au jour de Mercure, vous irez l'enterrer dans un grand chemin, sous un gibet, & l'y laisserez durant sept jours: au bout desquels vous le retirerez & le conserverez pour votre usage, aprèz l'avoir parfumê derechef trois diverses fois du même parfum; & il sera bon tous les mercredis, avant le soleil levê, de rêitêrer le parfum de Mercure. Un cêlebre auteur de notre tems dit, qu'il n'y a point de talisman qui ne se rapporte ou à l'astrologie, ou à la mêdecine, ou à la religion, ou même à toutes trois ensemble; car on y voit les figures, au naturel ou en [154]...
[162] chacune des herbes suivantes; feuille de rue, de sureau, de ronces & de sauge franche; vous ferez bouillir tout cela ensemble à bien petit feu, jusqu'à la diminution du quart, & puis le coulerez bien promptement dans un linge double ou à la chausse; & l'ayant mis dans un bocal de verre fort, bien bouché, vous en boirez à jeun tous les matins durant neuf jours le tiers d'un demi-septier, & par ce moyen vous serez à l'épreuve du mauvais air, quand bien même vous fréquenteriez les pestiférés. Ceux qui seront déja frappés du mal contagieux, ajouteront à ce breuvage le jus d'une racine de buglose & de scabieuse, où ils délaieront de bonne thériaque, & ils se purgeront par-là du venin mortifere. Et ceux qui auront le charbon en évidence, pileront des feuilles de ronces, de sureau, avec graine de moutarde, & en feront une espece de cataplasme sur le charbon, & moyennant l'aide de Dieu, ils guériront.Faites infuser dans du fort vinaigre de petites racines de mûrier noir; après les avoir bien concassées, vous y ajouterez, gros comme une petite feve, de vitriol romain, & vous exposerez cela au soleil d'été durant quinze jours dans un bocal de verre fort; ensuite de quoi vous les retirerez & les ferez sécher dans un pot de terre vernissé, avec un lézard verd, dans un four médiocrement chaud, le pot étant bien couvert; & vous en ferez une poudre, de laquelle vous mettrez sur la dent gâtée, & elle la déracintera & tombera en peu de tems.
J'ai été témoin avec étonnement de la prompte maniere avec laquelle un soldat polonois guérit, sans aucuns médicamens, un de ses camarades blessé de deux coups d'épée, qui étoient mortels. Il commença par laver bien sa bouche & ses dents avec de l'eau-de-vie, puis avec de l'eau de rose, afin d'avoir l'haleine douce & sans mauvaise odeur; puis s'approchant du malade, il découverit sa plaie qui étoit toute sanglante, & l'ayant bien nettoyée en la lavant avec eau de plantain, il en étancha tout le sang, en la pressant doucement & l'essuyant avec un linge imbibé d'eau de plantain; puis approchant sa bouche de
[167] la plaie, ensorte que son haleine pouvoit réfléchir dessus, il prononça les paroles suivantes, en faisant le signe de la croix sur la plaie, comme il est ici marqué: Jesus-Christ est né, + Jesus-Christ est mort, + Jesus-Christ est ressuscite, + Jesus-Christ commande à la plaie que le sang s'arrête, + Jesus-Christ command à la plaie qu'elle se ferme, + Jesus-Christ commande à la plaie qu'elle ne fasse ni matiere, ni puanteur, + ainsi qu'ont fait les cinq plaies qu'il reçut en son saint corps + .... puis il continua à dire: Epée, je te commande, au nom & par la puissance de celui à qui toutes créatures obéisaent, de ne faire non plus de mal à cette créature, que la lance qui perça le sacré côté de Jesus-Christ, étant pendu à l'arbre de la croix: Au nom du Pere + & du Fils + & du Saint-Esprit. + Amen. Si la plaie perce de part en part, il faut faire la même cérémonie de l'autre côté, & on la couvre d'une compresse [168] imbibée d'eau de plantain, que l'on renouvelle de douze heures en douze heures, & le malade reçoit une prompte guérison.
Il faut entreprendre cette guérison le plutôt que l'on peut, & ne pas donner le tems à l'inflammation, & l'entorse sera subtilement guérie. Celui qui fait l'opération doit déchausser son pied gauche, & s'en servir pour toucher trois fois le pied malade, en formant des signes de la croix avec ce même pied gauche en prononçant les paroles suivantes. A la premiere fois, il dire Antè, + à la seconde fois, Antè te, + à la troisieme fois, super antè te. + Le pied malade doit être touché au-dessus de l'entorse; & on s'en sert aussi-bien pour guérir les chevaux que pour guérir les hommes.
Ceux qui s'aviseront de taxer de superstition ces sortes de manieres de [169] guérir, doivent savoir que de plus habiles gens qu'eux onx donné leurs approbations à des secrets de médecine qui tiennent autant du merveilleux, & dont les causes sont autant cachées que de ceux-là. Qui est-ce, par exemple, qui pourra expliquer par des raisons bien plysiques, ce que j'ai lu dans un livre de secrets, imprimé à Paris, avec approbation & privilege, qu'un remede infaillible pour guérir l'insomnie ou le trop grand assoupissement, c'est de prendre un gros crapaud, & d'un seul coup séparer la tête du corps, puis faire sécher cette tête? & comme il arrive toujours que des deux yeix de cette tête, quand elle est séparée, il y en a un ouvert & l'autre fermé, la personne qui doit dormir, doit porter sur soi l'œil fermé, & la personne qui est trop assoupie & qui veut veiller, doit porter sur soi l'œil du crapaud qui est ouvert. De plus, quelle merveilleuse propriété la poudre de crâne [170]...
[216] de quelque tems on découvre le vaisseau & on ôte une petite croûte que l'on trouve sut la surface, que l'on mettra de côte; puis le reste de sa matiere sera comme de petites glaces qu'il faudra laver avec de l'eau fraîche, & les mettre sécher sur une table à l'ombre; puis on le mêlera avec les petites pierres que l'on aura mises en réserve en faisant la coulaison; ensuite vous prenez trois livres de tartre de lie de vin blanc calcinée, & les délairez dans un grand chauderon avec trente pots d'eau de forge bien clarifiée; ajoutez-y huit onces de sel nitre & une once de présure de lierre, vous y mettrez vos pierrettes & vos glaces séchées, & vous ferez bouillir le tout ensemble comme vous avez fait ci-devant; & quand la composition sera diminuée de tiers, vous y mettrez la croûte que vous aurez ôtée de dessus la surface du vaisseau deterre; & vous continuerez de le faire bouillir jusqu'à ce que, par la même [217] épreuve que ci-devant, vous connoissiez que le tout soit bien cuit; puis vous garnirez un petit tonneau de plusieurs bâtons en croix d'espace en espace, ensorte que les premiers bâtons que vous mettrez au fond en soient éloignés de quatre doigts de hauteur, pour donner lieu aux ordures qui s'y précipitent; cela étant ainsi disposé, vous fermerez bien le tonneau & l'enfouirez dans du fumier chaud l'espace de quinze jours, pour donner lieu au borax de s'attacher & se congeler autour des bâtons; & par cette maniere vous l'aurez multiplié de plus de quatre fois autant, & l'épreuve vous fera voir qu'il est aussi bon que celui qu'on a apporté des pays étrangers.[219] un poil ou soie de pourceau des plus gros. Vous les suspendrez dans un alambic bien bouché, de peur que l'air ne les altere, & vous les ferez cuire de la sorte en mettant l'alambic au feu de sable modéré; quand il y aura été environ six heures, vous en retirerez les perles, & les ayant enveloppées toutes séparément dans un morceau de feuilles d'argent du plus fin & moins altéré, vous fendrez un barbeau, & ayant vuidé les entrailles & étanché le sang, vous y mettrez les perles & ferez une pâte de ce barbeau sans beurre avec de la farine de feves, & le ferez cuire au four. Quand vous tirerez vos perles du ventre du barbeau, si elles vous paroissent n'avoir pas assez de lustre, vous les laverez cinq à six fois de suite avec eau distillée des drogues suivantes, & de l'herbe nommée graculi, des fleurs de feves, de l'alun de roche en poudre, de la litharge d'argent, des feuilles de plantain pilées, & un [220] pen de salpêtre; enfin pour les durcir comme les naturelles, vous ferez une pâte comme je vais dire; prenez une once & demie de bonne calamine, une once de vitriol romain, six blancs d'œufs, que vous battrez avec eau de plantain durant un demi-quart-d'heure, & vous mêlangerez le tout ensemble dans un alambic; & de l'eau qui en distillera, vous en formerez une pâte avec de la farine d'orge passée au tamis de soie, & vous envelopperez vos perles dans un petit linge blanc, vous les ferez cuire au four dans cette pâte, & soyez persuadé que si vous observez toutes ces choses avec exactitude, vous aurez des perles d'un grand prix, que les plus habiles jouailliers auront peine à distinguer des naturelles.
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[254]PRenez à l'heure du Soleil, comme auteur de la vie, quatre branches de rue, neuf grains de genievre, une noix, une figue seche, & un peu de sel; pilez le tout ensemble & le mangez à jeun en plusieurs fois.
Ce mal est causé de Saturne; prenez à l'heure de Mars ou de Vénus, l'herbe nommée marterica, que vous pilerez & mêlerez avec le jaune d'un œuf cuit en façon d'une omelette, & mangez-en à jeun, cela vous préservera tout-à-fait de la goutte.
Ce mal est causé par Mars; prenez à l'heure de la Lune, Mercure Saturne ou Jupiter, ses ennemis, litharge, racine de cannes seches, farine de pois chiches, farine de ris; pilez & mêlez avec l'huile d'amandes douces & graisse de mouton liquéfiée; & il en faut oindre le visage, & le laisser ainsi toute la nuit & la matinée; & le laverez avec de l'eau chaude.
Ce mal est causé de la Lune; prenez à l'heure de Mars ou Mercure, ses ennemis, le fruit de laurier, & en faites une poudre, & en donnez à boire le poids de deux drachmes, avec vin aromatique, cela ôtera la douleur.
Ce mal est causé de la Lune; prenez à l'heure de Mars ou Mercure, ses ennemis, la feuille de semence du triolet, & la semence d'abrotanus, & les faites bouillir dans de l'eau; en laquelle décoction vous ajouterez une cantharide sans tête, pieds & aîles, mise en poudre; & en boirez une cuillerée, cela fera uriner.
Ce mal est causé du Soleil; prenez à l'heure de Mars, Mercure ou la Lune, ses ennemis, une poule & la tuez, & levez dehors cette peluche qui se trouve dans le petit ventre, & en faites une poudre, la donnant à boire avec du vin, c'est un bon remede.
FIN.
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