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Gérald de Longley - Vaast 

 

La Magie Sacrée Des Pactes  

 

Pour obtenir automatiquement l’aide de l’invisible

 

« il y a plus important que le contrat.  Plus secret aussi, naturellement.  Mais plus universel également…

le contrat… me dit-il vient du mot contractus, dont nous avons fait aussi contraction ou contracture.  Le contrat, finalement c’est ce qui serre, qui ligotte et qui étrangle.  Le pacte au contraire repose sur une promesse de vie.  Il  avait déjà ce sens chez les romains, celui de laisser la vie sauve ou de promettre d’épouser une femme. »

 

INTRODUCTION :

Le livre que vous tenez entre les mains n’aurait jamais vu le jour sans un de ces hasards dont on prétend que la vie est tissée.  L’impulsion du destin qui orienta mes recherches durant une bonne partie de mon existance a pour moi l’inoubliable figure d’un viel homme.J’ai rencontré Charles C. il y a près de trente ans.  Je passais alors de studieuses vacances dans les lumineux paysages du Lubéron.  J’avais quitté le mas des amis qui m’hébergeaient pour profiter de la relative fraîcher du petit matin.  Je voulais, après une nuit passée à écrire, me délasser l’esprit par une courte marche.  Mon accoutrement – je m’en souviens encore – aurait fait rire un sauvage des Îles.  Un chapeau de paille informe était censé, si la sortie se prolongeait, me protéger des ardeurs déjà violentes du soleil de juin, un bâton noueux me donnait l’illusoire apparence d’un grand marcheur sous l’Eternel et le reste était à l’avenant : pantalon loqueteux, chemise tenant du haillon et barbe de trois jours.  Si le sauvage, ai-je dit, aurait pu rire, tout autre, sans doute, aurait pris peur.  Dans la solitude où je m’étais retiré pour écrire, je ne voyais presque personne depuis trois semaines et ne me souciais pas de mon apparence.

 

Qui aurais-je pu rencontrer sous ces chemins poussierreux ?  L’époque n’était pas encore à l’envahissement de ce que l’on nomme désormais « l’arrière-pays ».  Aussi, imaginez ma surprise quand, au détour du sentier, je me suis trouvé face à face avec un personnage extraordinairement déplacé dans ces lieux.  J’avais tout du broussard de fin de semaine, dépenaillé et sans gêne.  Je fus soudain mis en présence d’un véritable « Monsieur ».  Son allure était irréprochable.  Le cheveu et la barbe tirant sur le roux, soigneusement taillés, l’homme était vêtu d’un pantalon gris et d’une veste vert-foncé, sans col, laissant entrevoir une chemise immaculée boutonnée jusqu’au cou.  Sa main droite reposait sur une canne ouvragée et serrait en même temps un gant couleur crème.  De son autre main, gantée celle-ci, il se saisit d’un élégant couvre-chef et me salua d’un geste ample.

Bien qu’interloqué par cet original, je lui rendis son salut et lui adressait la parole :

-          Bonjour. Je ne vous ai jamais vu par ici.  Vous habitez la région ?

 -          Mon Dieu, me répondit-il en souriant à demi, on peut le considérer ainsi.  Mais je me plais à affirmer que j’habite partout où sont des êtres véritablements humains.

J’éclatai de rire :

-          Et vous en avez découvert un en moi ? C’est pour cela que vous m’avez salué malgré une apparence qui, je le crains, m’éloigne un peu de l’humanité commune ?

-          Qui sait… ? se contenta de répondre ce curieux bonhomme.

Cela piqua ma curiosité.  Nous nous présentâmes.  J’étais à l’époque obsédé par un travail universitaire portant sur le XVIIIe siècle.  Il m’avait conduit à m’enfermer dans cette thébaïde qu’au demeurant plus d’un citadin m’aurait enviée.

Mais enfin, je n’étais pas loin de penser que je vivais comme un moine et que l’ouvrage que j’étais en train d’écrire était une sorte de mission sacrée.  Bêtes et hommes qui s’approchaient de mon territoire étaient d’abord regardés comme autant de gêneurs en puissance.  Presque des créatures de l’enfer à l’instar de celles venant tenter saint-Antoine au désert pour le détourner des saintes méditations.  C’est dire que ma sociabilité ressemblait à peu près à celle du chat que l’on a fourré dans un sac.

Pourtant je pris plaisir à cette ébauche de conversation aussi inattendue dans sa forme que surprenante dans son fond.  C’est ainsi que je fis la connaissance de Charles et appris à mieux le connaître.

Il était nettement plus âgé que moi.  Quand je le vis pour la première fois, je lui donnais la soixantaine.  J’appris par la suite qu’il en avait près de soixante-dix.  Mais il n’avait rien d’un vieillard sénile.  Tout au contraire !   Ses réparties étaient vives et toujours empreintes d’une malice indulgente.  Rien de méchamment moqueur chez lui, mais une sorte de légèreté dont on devinait qu’elle voilait volontairement d’intenses pensées intérieures.

 

Je l’invitai – à ma propre surprise – à venir partager mon repas du jour.  Il m’accompagna de bonne grâce et sans autre manière.  Je n’eus qu’à m’en féliciter.  Arrivé dans ma demeure, il remarqua mes notes éparpillées sur la table.  Il les regarda négligemment sans cesser de me faire la conversation.  Cela lui suffit pour comprendre ce que je faisait et me donner mieux que des conseils : une pénétrante analyse de ce que j’écrivais en n’évitant pas de me prévenir que je risquais de me fourvoyer complètement.

J’étais alors en train de travailler sur la notion de « Contrat », si importante pour les philosophes des Lumières.  Il me semblait que j’étais au bord d’une découverte essentielle, mais que je ne parvenais pas à la faire mienne.  J’étais comme un nageur épuisé qui voit la côte et se trouve, au moment où il va y prendre pied, refoulé et tiré en arrière par les vagues toujours renaissantes de l’immence Océan de l’ignorance.

Le vieil homme, soudain, m’apostropha en ces termes :

Il y a plus important que le contrat.  Plus secret, aussi, naturellement.  Mais plus universel, également.

Je le regardai, surpris d’une pareille affirmation.  Je lui demandai de m’en dire un peu plus.

Après un moment d’hésitation où il me regarda intensément, comme s’il jaugeait mon aptitude à entendre ce qui allait suivre, il me parla à peu près ainsi (j’utilise mes notes de l’époque, forcément lapidaires) :

Le contrat, me dit il, vient du mot contractus, dont nous avons fait aussi contraction ou contracture.  Le contrat, finalement, c’est ce qui serre, qui ligote et qui étrangle.  Le pacte au contraire repose sur une promesse de vie.  Il avait déjà ce sens chez les romains, celui de laisser la vie sauve ou  de promettre d’épouser une femme.

On ne passe contrat qu’avec d’autres hommes.  On tisse les pactes avec la vie elle même.  Telle était sa première découverte.  La seconde fut que tout le développement de l’Humanité est fondé sur l’histoire secrète des pactes.  Parce qu’il a un jour été capable de faire un Pacte d’Aillance avec telle ou telle identité de la Nature, l’Homme a pu revêtir les attributs de cette force élémentaire.  Alors il a su dominer le feu, dompter les bêtes et conquérir la Terre.

Mais ce savoir s’est dégradé au fur et à mesure qu’avançait la civilisation.  A tel point que le Pacte a fini parfois par n’évoquer qu’une sorte de contrat infernal.  C’est celui que passe le malheureux Faust avec le Diable, en échange de la Jeunesse et de la Science.  Le véritable Pacte n’est pas de cette nature.  Entre autres parce qu’il n’engage pas une « vie future » mais des promesses de vœux pour la vie présente.

-          C’est tout simplement une question d’équilibre, dit-il en poursuivant sa démonstration.  Presque de thermodynamique.  Ce que nous prenons à l’Entité, ce qu’elle nous donne, doit être rendu sous une autre forme.  A celles qui portent le Bien, nous devront vouer une bonne action.

-          Et celles qui sont le Mal ? demandai-je, curieux et avec la naïve perversité de la jeunesse.

 -          Celles-là, nous n’en parlerons pas et je vous conseille de laisser d’autres s’en occuper.  Ce qui doit nous intéresser ce sont uniquement les Entités lumineuses.

C’est ce jour-là que j’ai pour la première fois entendu parler des Pactes.  Celui qui m’a mis sur la voie était un vieux monsieur, bien mis, affable et souriant.  Ce n’était pas par nuit noire, dans les souterrains d’un vieux château, mais en plein midi, dans un paysage de pins et de lavande. Ce que j’appris alors, c’est que notre mode de vie actuel prend pour base un modèle altéré : le contrat.  Mais que de véritables relations entre les êtres ne peuvent se fonder que sur le Pacte, comme à l’origine. Plus il m’expliquait et plus je trouvais cela évident.  C’était finalement comme l’œuf de Christophe Colomb : une fois la solution révélée, tout paraissait d’une simplicité déconcertante.  Je me serais battu de ne pas y avoir pensé plus tôt. Le vieillard me rassura en m’affirmant que c’était tout à fait normal.  Il avait lui même longtemps cherché avant de découvrir ce qu’il m’exposait sans rétiticence. Pourtant, au cours des années qui ont suivi, je me suis rendu compte que, par méconnaissance, on pouvait côtoyer le côté sombre des Pactes.  On pouvait même franchir la « ligne » qui sépare la magie de la sorcellerie.  N’ul n’agit ainsi, je crois, tout à fait volontairement, mais l’on peut y être amené insensiblement. Les Entités que j’ai choisies et dont je donne les Pactes en me fondant sur la Tradition ne présentent pas de tels risques. La manière dont ce livre procède met à l’abri de tout « choc en retour » ou de toute manipulation par des esprits mal intentionnés.

Vous trouverez dans cet ouvrage les textes permettant de vous adresser aux trois sortes d’Entités élémentaires et aux trois sortes d’Entités supérieures. Il n’y a pas de hiérarchie à l’intérieur des Entités élémentaires mais simplement il est plus facile pour un être humain de communiquer avec une entité animale plutôt qu’avec une entité végétale, par exemple

Mais bien qu’il soit essentiellement animal, l’homme participe aussi de la vie végétale et de la structure des minéraux.  J’aurais donc pu prendre le parti d’une exposition par les effets et mélanger les types d’entités.  Dans ce cas, par exemple, l’Iris qui protège de la fièvre aurait voisiné avec la Perle qui prévient la maladie.  J’ai choisi une autre voie.  Celle qui consiste à commencer par le plus accessible, les entités animales, pour porsuivre par les végétales et ne finir enfin qu’avec les matériaux non-biologiques, avec lesquels, je l’ai souvent constaté, les néophytes onr plus de difficultés.

A mon avis cette difficulté est essentiellement psychologique.  En tout cas elle ne se traduit pas par l’obtention d’un « bénéfice » supplémentaire par rapport à une entité supposée plus facile.  Ce que vous pouvez obtenir d’une entité ne dépend pas de son « classement » dans tel ou tel type (animal, végétal, minéral), car parfois leurs attributs sont très proches et ils correspondent à des effets presque semblables en dépit de cette différence de classement.

Les situations que peut vivre un individu sont infinies.  Les Entités en mesure de répondre à cette gamma de situations le sont tout autant.  Nous n’en avons sélectionné ici qu’un petit nombre que je qualifierai de « basique ».  C’est à dire pouvant opérer de manière relativement universelle.

On aurait pu en trouver d’autres.  Mais outre le fait que personne à l’heure actuelle n’a la connaissance totale des entités, il fallait bien faire un choix raisonnable (et tenir compte, comme je l’ai fait, du meilleur rapport risque / efficacité).

Le lecteur me pardonnera, j’espère, la subjectivité qui a présidé à cet échantillonage.  Qu’il tienne compte, du moins, de la bonne foi de son auteur.

G. de L – V.  

 

COMMENT PROCEDER :

 La magie des pactes ne réclame pas d’investissement somptuaire, pas plus qu’elle n’exige que vous lui consacriez un temps excessif.  Vous devez toutefois posséder un matériel de base et être prêt à sacrifier quelques heures, pris sur vos loisirs ou votre sommeil.  Mais c’est une bien faible « monnaie d’échange » que vous allez céder, en regard des prodigieux effets que vous allez ainsi obtenir.

Les objets nécessaires :

Vos achats se liliterons aux objets suivants :

-          Quatre flacons d’encre respectivement bleue, verte, rouge et noire ;

-          Une plume à écrire, ou des plumes en acier et un porte-plume ;  (personnellement, j’ai opté pour quatre porte-plume, un pour chaque couleur,  note du copiste)

-          Des feuilles de papier de couleur (blanche, jaune, gris).  Le papier doit être de bonne qualité (pas moins de 90 gr. et sans aucune marque, trait ou quadrillage) ;

-          Munissez-vous également d’un bon papier buvard qui, sans être nécessaire dans le rituel, s’avère le plus souvent indispensable.

Une règle générale de la haute magie blanche est de toujours préférer des matières naturelles, comportant un minimum d’intervention humaine, aux produits de synthèse ou d’un art trop consommé.  On priviligera ainsi, dans les vêtements, une pièce de laine sans coutures plutôt qu’un textile moderne possédant de multiples poches et fermetures.  Qu’on ne s’y trompe pas, d’ailleurs, il s’agit là d’une exigence que l’on retrouve dans toute pratique spirituelle authentique.  C’est pourquoi, par exemple, les premiers textes bibliques veulent que les temples soient construits en pierres et, qui plus est, en pierres non taillées.

A bien y réfléchir, cela paraît évident.  Un acte magique véritable, tout comme une prière sincère, est un retour aux sources de la vie, au plus près de son jaillissement originaire.  Il s’agit de capter et d’infléchir le principe même de toute chose.  Ce n’est pas un hasard si, phonétiquement et éthimologiquement, le « sorcier » et le « sourcier » sont si proches l’un de l’autre.  Le second n’est que l’illustration – et comme la métaphore – dans le monde visible de ce que réalise le premier dans l’espace invisible.  Tous les deux détectent, creusent et amènent au jour un fluide souterrain, discret et caché, mais bien réel et indispensable.

Imagine-t-on un sourcier muni d’un détecteur électronique ?  Bien sûr que non ! Seule une branche, de forme particulière, cueillie à un arbre spécialement choisi, peut prolonger le sixième sens de l’expert.  Voit-on celui-ci lier son rameau avec du fil de fer ou en courber le dessin avec des matières plastiques ?  Sûrement pas.  Le bois, matière noble, n’aura d’efficacité que pour autant qu’il restera dans la pureté de son essence, sans adjonction, ni mélange.

(ce qui ne signifie pas, bien sûr, que d’autres méthodes, plus modernes par exemple, soient inconcevables.  Mais elles opéreront nécessairement selon des techniques qui leur sont propres et n’auront de résultats que dans le domaine strict qui est le leur.  Ce qui est en revanche inconcevable, c’est le « mélange des genres ».  Celui-ci ne pouvant aboutir qu’à un affadissement de chacune des techniques et donc à une perte d’efficacité.)  

Il en va de même pour la magie sacrée des Pactes.  Plus vous utiliserez de matériaux naturels, non altérés, et mieux vous réussirez à infléchir à votre profit les forces vives de la Nature elle-même.  Mais, encore une fois, ce n’est pas un tabou.  Vous ne devez pas prendre en compte ce conseil parce que c’est une parole sacrée, un dogme qu’il convient de suivre aveuglément.  Vous le suivrez parce que c’est le fruit de la raison et de l’expérience.  Rien ne vous interdit de postuler votre Pacte sur du carton, à l’aide d’un stylo à bille.  Simplement, cela ne marchera pas du tout.  Si vous prenez un stylo à plume et un papier normal, ce sera déjà mieux.  L’idéal, bien sûr est d’utiliser une plume, du parchemin et de l’encre faits uniquement avec des produits naturels.  Mais vous pouvez employer avec de très bonnes probabilités de réussite, des articles relativement usuels de papeterie.  L’essentiel, encore une fois, c’est d’utiliser des objets accordés à votre propre recherche de l’authenticité.

 

Dans le même esprit va se poser le problème des différentes entités avec lesquelles vous allez passer vos pactes.  Là encore il convient de distinguer l’idéal du nécessaire ou de l’accessoire.

C’est ce que nous allons voir maintenant.

Convoquer les entités :

Première évidence : lorsque l’on passe le moindre accord avec quelqu’un, on s’informe au préalable et autant que possible sur la personne en question.  Il ne vous viendrait pas à l’idée de faire confiance au premier venu pour des affaires d’un peu d’importance.  Au contraire, vous allez vous renseigner, essayer de savoir qui vous avez en face de vous.  Plus l’enjeu est important, plus cette connaissance préalable de votre interlocuteur va vous préoccuper, et plus vous souhaiterez le rencontrer, lui parler de « vive voix »

Vous le savez : la connaissance intime des individus passe par le face à face, la présence réelle de l’un et de l’autre.  Au demeurant – et de plus en plus d’affaires se traitent ainsi – on finit par connaître les gens que l’on a souvent au téléphone.  Ou du moins a-t-on l’illusion de les connaître, car la répétition finit par engendrer l’habitude, la confiance qui tient lieu de connaissance.

Il n’empêche !  Quand vous vous engagez, quand vous demandez quelque chose et que, en échange, vous allez donner autre chose, vous devez absolument savoir à qui vous vous adressez, sinon vous risquez tout bonnement de « mettre à côté de la plaque ».  Ce n’est pas une question de bonne volonté de part et d’autre, mais plus prosaïquement de bon interlocuteur Le plus sympathique des garagistes ne vous vendra pas de pain, et le plus compréhensif des boulangers ne réparera pas votre voiture. Que dire alors des entités convoquées par les Pactes et dont l’influence peut bouleverser tout ou partie de votre vie ?  Ignorer leur véritable identité vous expose à des déconvenues analogues.

C’est pourquoi, dans les rites traditionnels, on prenait soin de n’opérer qu’en présence réelle de l’entité en question.  C’est ainsi qu’on en est venu à sacrifier de jeunes animaux de toutes sortes ou à répandre les prémices des récoltes.  Les uns et les autres représentaient l’ensemble de l’espèce et témoignaient de ses qualités intimes dans le terrible face à face sacrificiel. Ces rites peuvent nous apparaîtres barbares.  Il faut les comprendre en fonction de l’état d’avancement des civilisations.  A l’aube de ces dernières, les peuples sont en quelque sorte dans un état d’enfance.  Et comme un enfant, ils ne peuvent connaître sans détruire.  Observez un bambin qui s’amuse : son plus grand plaisir est de démonter ses jouets avec le plus grand sérieux !  Non par méchanceté, bien sûr.  Mais tout simplement parce qu’il y a au fond du bébé comme de l’être humain en général, cette pulsion de savoir qui va le conduire à désarticuler, casser, pour essayer de déceler l’au-delà des apparences.

Jamais l’humanité ne s’est contentée de la surface des choses.  Elle a toujours voulu dévoiler les mystères de la nature dans ses profondeurs les plus secrètes.  Naturellement, avec l’âge, les pratiques s’épurent.  L’adulte ne brisera plus pour connaître s’il peut faire autrement.  On croira sur parole l’expérience d’autrui, et celle de toutes les générations qui nous ont précédées.  Ce qui nous empêchera, généralement, d’aller nous-mêmes à grand renfort de marteau et de burin ausculter, par exemple,les entrailles du réveille-matin.  En revanche, la technique ancestrale du « casser pour connaître » est toujours employée là où les connaissances de l’humanité sont encore déficientes.  Les physiciens ne font pas autre chose dans les laboratoires les plus modernes.  Leurs meilleurs outils sont d’énormes accélérateurs dont le but est de faire entrer en collision les particules les plus ténues de l’univers.  Les chocs qui en résultent en brisant la matière, en déviant les atomes de leur course, constituent pour les savants qui peuvent en analyser les résultats une formidable somme de connaissances nouvelles. Quand aux animaux eux-mêmes, ils ne se passe pas une semaine sans que les amis des bêtes ne dénoncent le sort qui est fait à des milliers d’entre eux au nom de la science. Est-ce à dire qu’il en va de même pour la connaissance que réclament les Pactes ?

Heureusement, non !  Et cela pour la raison indiquée tout à l’heure.  En la matière nous ne sommes plus – collectivement – novices.  Âges après ages, l’humanité a progressé sur le chemin de cette connaissance des entités de la nature.  Au départ, elle l’a fait comme le fait la science contemporaine, en arrachant brutalement à la nature ses secrets.  C’était la période où l’on immolait hommes et animaux, où destruction et connaissances étaient synonimes.

Aujourd’hui, ce savoir est acquis et il s’est spiritualisé.  Tout comme vous comprendriez le croquis d’un réveil si on vous en montrait les plans, vous pouvez connaître les entités sans avoir à les manipuler physiquement et encore moins à les détruire.

C’est pourquoi, à chaque étape, je vous expliquerai le symbolisme profond des êtres que vous devez convoquer.  C’est pourquoi aussi je vous indiquerai quels sont les meilleurs « témoins » de ces êtres, car si la haute magie que nous appliquons s’est grandement spiritualisée depuis la haute époque, elle réclame encore une participation quasi-pysique.  Certes, il n’est plus besoin de faire venir un véritable cheval – ou tout autre animal – pour passer un Pacte avec l’entité, mais la présence, au moins allusive, reste nécessaire.  N’oublions pas que les pratiques magiques sont avant tout un mode d’utilisation des forces naturelles : il convient donc de rester au plus près des données immédiatements sensibles et, dans une large mesure, de la perception commune.

C’est pour cela que si une représentation imagée de l’entité – une photographie par exemple – fait l’affaire, l’on tirera le maximum de profit de la présence réelle de la substance elle-même sous une forme ou une autre.  Pour reprendre le même exemple que tout à l’heure, du vrai crin de cheval sera un « plus » par rapport à une simple photo.  Parce qu’il est immédiatement palpable, qu’il s’accorde sans phrases avec vos perceptions et, à travers elles, avec votre corps, il vous évite de vous « tromper d’interlocuteur ».  Cela dit, ne vous désespérez pas si vous n’arrivez pas à trouver ce type de témoin charnel pour opérer tel ou tel Pacte.  Les plus grands maîtres s’en passent sans problême.  Encore une fois, il n’y a pas de mystère là dedans.  C’est un peu comme évaluer une température : en plongeant un doigt vous la sentirez de manière immédiate.  Et si c’est trop chaud, vous vous brûlerez un peu et retirerez aussitôt votre main.  Mais si vous avez suffisamment d’expérience, vous pouvez supputer le degré de chaleur et, simplement en regardant la surface de l’eau, savoir si elle est proche du point d’ébullition.

La première méthode économise des efforts de concentration.  La seconde réclame plus de jugement et d’attention.  Il en va à peu près de même dans les matières qui nous préocupent.  Mais, quel que soit le chemin, l’essentiel est de parvenir au but.

 

Que faire des témoins après utilisation ?

Il est impératif que vous ne vous débarrassiez pas des témoins une fois le rituel accompli.  Au contraire, vous devez les garder, sans jamais les réutiliser, à côté de l’ensemble du matériel qui a servi au rite et dens les mêmes conditions de discrétion absolue.

Il est peu probable que vous ayez znvie de la faire mais si, d’aventure, vous souhaitiez rompre le Pacte, vous n’aurez qu’un moyen de le faire.  Il vous faudra procéder avec le témoin comme vous avez procédé avec le papier, c’est à dire le brûler ou l’ensevelir dans les mêmes conditions. 

L’officiant

Un Pacte suppose toujours une structure ernaire, c’est à dire à trois termes : ce qui lie, ce qui est lié, ce qu’on lie.

·         Ce qu’on lie, nous l’avons vu, est une entité, un être primordial dont on s’attache une qualité essentielle.

·         Ce qui est lié, c’est le Pacte, dont la fonction est d’authentifier et de sacraliser cet engagement.

·         Ce qui lie, c’est l’Officiant, c’est à dire le rédacteur du Pacte.

Le schéma suivant permet de comprendre les flux énergétiques mis en jeu :

 

E

  

                      O                          P

 

 

E  =  l’Entité que vous devez convoquer

 O  =  l’Officiant  (vous même)

 P =   le Pacte.

Quand le rite est pleinement agrée, chacun de ces termes est mis en relation avec les deux autres.  Enoncé sous une forme un peu lourde, cela signifie que le Pacte attache une Entité et un Officiant, que l’Officiant se lie une Entité par un Pacte précis et, inversément qu’une Entité est liée par un Pacte à un Officiant.

Il faut bien avoir à l’esprit cette structure ternaire si l’on veut que ses vœux se réalisent et le fassent sans fausse note.  Ne faites donc pas l’erreur de considérer qu’il ne s’agit que de relations duales, entre vous et une entité quelconque.  Ce mode d’être relèverait alors de la Possession.  Le Pacte au contraire évite toute soumission aux forces obscures.  En contre-partie, vous devez être attentif à respecter scrupuleusement toutes les prescriptions afin d’équilibrer l’échange entre les trois termes.

Au départ, vous aurez naturellement tendance à considérer le Pacte comme un acte de volonté personnelle et à vous limiter à cet aspect des choses.  Or le Pacte introduit une médiation entre vous et une entité, médiation qui vous modifie tous deux.  Surtout il acquiert très vite une autonomie personnelle.

Pour donner une image, si l’Officiant devient la plume qui écrit dans une page du livre de la nature (l’entité), le Pacte représente alors la syntaxe qui vous permet d’énoncer votre propos tout en vous imposant ses propres règles de grammaire.  Tout comme, dans une langue, vous pouvez créer librement un grand nombre de phrases différentes, ce que vous ne pouvez pas faire, toutefois, c’est transgresser les codes mêmes du langage.  Dire « Je vois le ciel bleu » n’est pas équivalent à dire : « bleu le vois je ciel » ou toute autre forme du même genre.  Dans le premier cas, votre phrase à un sens et pourra être comprise et, le cas échéant, susciter une action.  Dans le second, les mêmes mots, les mêmes ingrédients en somme ne signifient plus rien

C’est pourquoi il vous faut suivre méticuleusement ce qui est prescrit et l’appliquer dans l’ordre strict où c’est indiqué.  Sinon, vous risquez le confusion et, plus grave, vous risquez surtout de faire sauter le verrou de la structure ternaire – soigneusement codifiée pour votre sécurité – et de vous retrouver seul (e) en face d’une entité sauvage… ou de bien pire.

Ces conseils n’ont pas pour but de vous effrayer inutilement mais de vous inciter à rester vigilant.  Car, sachez-le, si vous respectez fidèlement les différentes prescriptions, rien de nocif ne peut vous advenir.  Au contraire.  La magie sacrée des Pactes telle que je vous la révèle est tout entière du côté de la Magie Blanche.  Elle ne heurte ni les valeurs morales universelles, ni les convictions religieuses personnelles.  Que vous soyez incroyant, bouddhiste, chrétien, ou de toute autre confession, vous pouvez vous y adonner en toute quiétude.  Vous n’enfreindrez avec elle aucun interdit religieug.  Mais il est vrai qu’il existe un versant obscur de la magie des Pactes.  Il faut en connaître l’existance pour l’éviter et ne pas être induit en tentation.  Ayez toujours à l’esprit l’histoire de Faust et de son pacte diabolique.  En l’écrivant, Goethe, un des plus grands hommes de tous les temps, à voulu donner un aveertissement suffisamment imagé pour être écouté.  Ne le négligez pas !

 

PREPARATION AVANT D’UTILSER

LA MAGIE DES PACTES

Pour une utilisation optimale il vous faut respecter d’abord quelques règles simples concernant l’Officiant.  Les plus importantes tiennent en deux mots :

-          votre esprit doit être calme ;

-          votre corps doit être propre.

Ce sont en fait des prescriptions générales élémentaires qui s’imposent à tous ceux qui veulent pénétrer les arcanes.  L’agitation intellectuelle ou les passions sensuelles ne peuvent pas faire bon ménage avec la recherche.  Encore moins avec la maîtrise des entités fondamentales.  Les Anciens appelaient l’attitude spirituelle requise : Ataraxie.  C’était l’état de ceux qui se sentent en paix avec le monde et avec eux-mêmes, qui n’ont ni passion, ni désir.

Mais, direz-vous,, cette espèce de Nirvana n’est pas facile à atteindre dans nos sociétés, où tout concourt à nous distraire, à nous faire aller toujours plus vite, à nous inciteer en permanence à l’action.  Je le sais bien, mais je ne vous demande pas d’abandonner métier, famille et amis pour vous faire ermite au désert.  Non, simplement il faut, au moment où vous allez tracer les premières lettres de votre Pacte, que vous soyez dans la quiétude des sens et de l’intellect. C’est accessible à quiconque y met un peu de bonne volonté.

Pour ma part, j’estime qu’en consacrant quelques heures à une méditation préalable (environ deux heures au début qui, avec un peu de pratique, se réduiront vite à une heure ou moins), on peut assez facilement se mettre dans la situation désirée.

Procédez ainsi : d’abord baignez-vous soigneusement.  En vous lavant prenez conscience du caractère sacré de vos ablutions.  Lavez-vous particulièrement le visage, le sexe et les pieds.  Revêtez ensuite une pièce de tissu, si possible dans couture et surtout sans bouton, et installez-vous le plus confortablement possible.

Immanquablement, au lieu de la méditation sereine voulue, votre cerveau va sécréter, comme s’il en faisait un malin plaisir, des pensées inoportunes.  Notre esprit ne cesse de nous solliciter, notre mémoire nous remet devant les yeux de nombreuses choses – souvent peu agréables ou obsédantes – et pour beaucoup de gens, « ne penser à rien » consiste à se fermer et à produire un effort intellectuel intense visant à chasser toutes ces présences mentales inoportunes.  Bien sûr, cela aboutit au contraire du résultat recherché.  Au lieu de trouver l’apaisement vous rencontrez la nervosité et parfois l’angoisse.  Un conseil pour atteindre au vide et au calme souhaitables : suivez d’abord la pente naturelle de vos pensées.  Ne les dirigez pas, mais n’entrez pas dedans.  Restez à leur surface, considérez-les comme un flux qui vous emporte ailleurs.  Ne ressassez pas vos ennuis par exemple, mais n’essayez pas de chasser les pensées qui vous viennent à ce sujet.  Simplement, bondissez de mots en mots, par association des sonorités, en ayant toujours à l’esprit que ce qui compte, c’est d’aller au-delà de ces mots.  Qu’ils soient pour vous vides de sens et riches seulement de leur musicalité propre.  Une image mentale peut vous y aider : visualisez un tunnel où vos pensées sont analogues à des notes, à des sons dont vous n’entendez que la musique et qui vous guident vers la sortie.  Ainsi, comme le bain vous à débarrassé des impuretés physiques vous devez être « lavé » de toutes les scories psychiques nuisibles à une parfaite sérénité.

Est-il besoin d’ajouter que vous ne ferez pas précéder cet exercice d’un repas pantagruélique ?  Une rapide collation et de l’eau en abondance (tout alcool est banni) sont les meilleurs « menus » des journées que vous consacrerez aux Pactes.

Ce n’est qu’ainsi que vous vous mettrez dans l’état de réceptivité nécessaire ?  car avant d’exprimer votre souhait, il vous faut le connaitre.  Et cela est moins facile qu’on ne le croit généralement.

 

LA SUITE SUR LA MAGIE DES PACTES 2 

 

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 14/05/2008
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